Lettre à François Mauriac

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«Votre régime n’a pas de sens, votre pensée n’a pas d’issue, votre position  n’a pas d’avenir :  c’est que votre guerre  n’avait pas de sens. Votre incapacité à vous unir sur autre chose qu’un programme négatif en est une preuve. Vous n’êtes d’accord que sur l’épuration, car vous n’avez jamais été d’accord que contre quelque chose ; vous n’êtes d’accord et vous n’avez jamais été d’accord pour rien. Les jeunes communistes qui sont morts dans la Résistance savaient pourquoi ils mouraient : ils mouraient pour  la  victoire  de  la  patrie  du  prolétariat.  Leur  sacrifice  était simple et sûr, ils n’étaient pas inquiets. Mais parmi les autres, qui est mort pour que la volonté du Politbüro soit une loi pour trois cents millions d’Européens ? Vous êtes tous pareils à Koestler, qui faisait des tournées de propagande à travers le monde entier pour amener l’avènement d’un régime dont il affirme  qu’il  est  la  transcription  moderne  de  l’esclavage  inventé par les Pharaons. Vous avez détruit l’obéissance et la loi, vous avez risqué les villes, les hommes, les maisons, les récoltes de notre pays, vous avez risqué aussi sa fortune qui est l’empire, vous  avez levé  une  croisade  et  poussé  de  grands cris,  mais maintenant  que  la  bataille  est  finie,  vous  ne  voyez  plus  que  des ruines et vous ne savez pas où est le tombeau qu’il faut délivrer. Vous tournoyez comme des mercenaires ivres sur ce champ de bataille. Et vous vous prenez pour des apôtres, vous tombez dans le  messianisme  et  l’évocation  des miracles.  Vous vous dressez avec de grands gestes devant ce cadavre de nation que vous avez fait, et vous vous croyez devant le paralytique, vous lui criez : «Lève-toi et marche !» Pour aller où ?»

Maurice Bardèche

Lettre à François Mauriac